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Friday September 22nd 2017

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Le feu dartifice et sa representation en gravure au XVIII siecle en Russie. – Alexandre SOLODKOFF



Le XVIIIème siècle a une renommée commune pour ses fêtes et bals grandioses et magnifiques. Ces fêtes avaient lieu à différentes occasions comme par exemple les célébrations de la Cour — lavènement au trône, le couronnement, la naissance de lhéritier du trône, les fêtes d’une victoire ou de la conclusion d’une paix, les jours de fête, comme nouvel an.

On invitait aux tels bals souvent quelques centaines de personnes. Mais on se laissait aussi observer par une foule des spectateurs non-invités qui se rassemblaient à distance pour regarder la noblesse en gala. Ainsi toute la fête paraissait même comme un spectacle, abstraction faite des divertissements comme concerts et loteries quon avait coutume de donner aux hôtes. Cet aspect du théâtre fut appuyé par la coulisse illuminée des jardins et parcs avec ses statues et jets deau (1).

Par suite des illuminations on eut bientôt lidée de tirer des feux dartifice quon composait des feux fixes — comme disques de soleil, étoiles, fontaines — et des feux mobiles ou tournants — comme fusées, balles à feu et tourbillons. Cétait déjà à lépoque de Pierre le Grand quon remarqua, quil faisait un effet encore plus exceptionnel et aussi plus de plaisir aux invités et specta-
teurs denrichir un tel feu dartifice des tableaux et spectacles allégoriques. Cette impression était rendue possible en profitant de latmosphère irréelle de la lumière artificielle et miraculeuse.

Ainsi on construisit des arcs de triomphe et pavillons quon décora de panneaux peints et sculptures. Toutes ces images et statues représentaient des éloges allégoriques de la famille Impériale Russe, des victoires ou dautres événements importants. La Russie par exemple y était personnifiée comme femme majestueuse vêtue d’une robe antique, la Suède comme lion. Toutes ces constructions et personnages quon illuminaient par des lampions, fusées et feux de bengale (2).

Les metijurs en scène de ces feux dartifice étaient au milieu du XVIIIème siècle en Russie des artistes et savants si renommés comme A. Persinotti, P. Gradizzi et même Lomonosoff. Mais en général les «Feuerwerker» — c’est le mot allemand pour pyrotechnicien et signifie aussi le rang militaire dans l’artillerie russe — soccupaient de les projeter et organiser.

Tout le monde — après avoir regardé un tel spectacle coloré et grandiose, qui brûla en si peu de temps — fut tellement accablé dimpression quon désira davoir encore un souvenir en forme de gravure. Ainsi naquit un genre spécial de lart graphique russe, la gravure des feux dartifice. Mais ces gravures nétaient pas seulement un simpie souvenir pour les spectateurs. A cause du contenu politique du spectacle — voilé par lallégorie — on les considéra bientôt comme moyen de glorification de la Russie et, si lon peut dire, de propagande officielle pour montrer et expliquer la grandeur des événements politiques par lart. Pour cela ces gravures nétaient que rarement imprimées comme illustration pour un livre, mais surtout en grands formats pour les mettre au mur. Aussi on les présentait aux délégations étrangères ou on les envoyait aux princes dautres pays après les avoir pourvues dinscriptions latines, françaises ou allemandes (3).

Des artistes plus ou moins célèbres au 18ème siècle en Russie soccupaient de graver les feux dartifice: A. Souboff, Rostovtsefï et après la fondation de l’Académie des Sciences et Arts en 1724 à St. Pétersbourg: Adolski, Sokoloff, Grekoff Katchaloff et Winogradoff. Comme genre typiquement russe de lart graphique, les gravures des feux dartifice étaient spécialement cultivées à l’Académie, dans la classe des graveurs — «gridovalny class».

Le traitement artistique des gravures se changeait au cours du XVIIIème siècle: à lépoque de Pierre le Grand et peu après le feu paraît comme cascade, fusée, etc, comme ornement clair sur le fond foncé de la nuit.

Au milieu du siècle on changea laspect de léclairage de la nuit: maintenant — à l’égard du fait, que tout le ciel est illuminé par le feu — la gravure est surtout claire avec des gradations tendres du gris pour distinguer par ce moyen les lumières. Cet effet de léclairage on put obtenir aussi bien par la nouvelle technique de limprimerie: la mezzotinto.

C’est  dans ce genre dillumination quon faisait les gravures des feux dartifice jusquà la fin du XVIIIème siècle, quand avec le classicisme, la pompe baroque disparut. Pour cette raison la gravure des feux dartifice cessa dexister après 1790.

Un exemple des gravures des feux dartifice est publié ci-joint. Elle est intitulée: Représentation allégorique du feu dartifice tiré devant le palais dhiver de Sa Majesté Impériale au jour de lan 1759 à St. Pétersbourg.

Cette gravure — représentant la glorification des victoires de la Russie pendant la guerre de sept ans — fut dessinée par le lieutenant-colonel Martynoff et gravée à l’Académie de St. Pétersbourg.

C’est  un document intéressant pour cette gravure que l’Impératrice Catherine II écrivit dans ses mémoires (IVe partie, publiée à Londres en 1859) sur le temps quand elle était encore GrandeDuchesse: «Le 1er janvier 1759, les fêtes de la cour se terminèrent par un très grand feu dartifice entre le bal et le souper».

Néanmoins il est à remarquer que cette gravure ne veut pas donner seulement limpression du feu dartifice en réalité. Elle est plutôt — comme presque toutes les gravures des feux dartifice — une composition de lartiste, qui rend lallégorie encore plus visible.

Alexandre SOLODKOFF

Supplément:

— Page 2, après le mot Lomonosoff: Annotation 2a.

— Annotation 2a: Lettre de Lomonosoff au comte M.I. Woronzoff du 19 janvier 1764: Sous titre «Index des traités et des autres travaux du conseilles Lomonosoff» est marqué: «Il a fait beausoup dinventions pour des illuminations et des feux dartifice et il a écrit des inscriptions pour eux».

— Page 2, après le mot… allemands 3):

Avec le temps il est passé en coutume dimprimer encore des brochures explicatives, lesquelles on donna avec les gravures ou déjà aux spectateurs pour interpréter les allégories 4).

— Annotation 4: Un exemple d’une telle explication se trouve — pour un feu dartifice donné le 28 février 1735 en lhonneur de limpératrice Anna Ioanovna — dans: Starye Gody, 1913, II, p. 29 s: «Le feu a sa source dans le soleil et il signifie le zèle de la gratitude, parce que sa flamme se lève toujours vers le haut, c.-à-d. dans cette direction doù il obtient sa force. Ce feu dartifice se compose de trois représentations, parmi lesquelles le soleil prend la place la plus importante. De chaque côté de lui — sur un piédestal — se trouvent deux figures du contentement et de ladmiration, qui ne se montrent quà l’égard du soleil mais aussi bien en considération des augustes vertus de Sa Majesté Impériale».

ANNOTATIONS:

1) Quelques concerts célèbres accompagnants les spectacles en plein air étaient par exemple ceux de Georges Frédéric Haendel: la Watermusic (1717) et la Firework Music (1748).

2) Adriaan Schoonebeeck a gravé des panneaux et transparents allégoriques pour le feu dartifice quon donna à Moscou le 7 janvier 1703 pour fêter la prise de Notebourg par Pierre I.

cf.: И.Н. Божерянов: С.-Петербург в Петрово время, СПб 1903.

3) Un type de gravure comparable avec les gravures des feux dartifice est celui des «Dîners publics» quon trouve — déjà au XVIIe siècle — dans toute lEurope. Un bon exemple pour la Russie est la gravure faite par Alexei Souboff du dîner à loccasion du mariage de Pierre I et Catherine I en 1712. On y voit l’Empereur et l’Impératrice avec les invités assis à la table dans une grande salle splendidement décorée. Pour identifier dans la gravure les personnalités les plus importantes elles y sont numérotées selon une liste des nom adjointe.

BIBLIOGRAPHIE:

  • 1) M.A. Алексеева: Гравировальная палата Академии наук. Русское искусство XVII века; под редакцией Т.В. Алексеевой, Москва 1968.
  • 2) М.В. Алпатов: Всеобщая история искусств, т. 5, Москва 1955.
  • 3) Д.А. Ровинский: Обозрение иконописания в России до конца XVII века. Описание фейерверков и иллюминаций, С. Петербург 1903.
  • 4) A.A. Сидоров: История русского искусства, т. 5, Москва I960; немецкое издание: A.A. Sidorow: Der Stich und die Zeichnung in der 1. Hälfte des XVIII. Jahrhunderts, Dresden 1970.
  • 5) M. Холодовская — E. Смирнова: Русская гравюра, Москва 1960.

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